Chien qui mange ses crottes : pourquoi et comment l’en empêcher
Le geste écœure, et il inquiète souvent davantage qu’il ne devrait. La coprophagie, le fait pour un chien de manger des excréments, est un comportement fréquent, surtout chez le chiot, qui a presque toujours une explication et se corrige dans la majorité des cas avec de la méthode et un peu de patience.
Vous le voyez faire du coin de l’œil : le chien termine ses besoins dans le jardin, se retourne, renifle, et avale. Ou bien il revient de la buanderie la truffe suspecte, le bac à litière du chat dévasté. Entre dégoût et inquiétude, la question se pose vite : est-ce grave, et surtout, comment l’arrêter ?
Ce comportement porte un nom, la coprophagie, et il est bien plus courant qu’on ne l’imagine, en particulier chez les jeunes chiens. Il n’est ni une perversion ni le signe d’un chien mal élevé. Il répond presque toujours à une cause précise, comportementale, alimentaire ou médicale, et c’est en l’identifiant qu’on parvient à le faire cesser.
Un comportement fréquent, surtout chez le chiot
Chez la chienne, manger les déjections de ses petits est un comportement maternel normal : elle maintient ainsi le nid propre pendant les premières semaines. Le chiot, qui observe et imite, découvre en même temps que les excréments sont un objet comme un autre, à renifler, mâchouiller, voire avaler.
Dans la majorité des cas, l’habitude décline spontanément entre six mois et un an, à mesure que le chiot grandit et que son environnement s’enrichit. Elle peut toutefois s’installer durablement si elle est entretenue, volontairement ou non, par la façon dont l’entourage y réagit.
Les causes comportementales, les plus fréquentes
Chez la plupart des chiens en bonne santé, la coprophagie a une origine comportementale. Plusieurs mécanismes reviennent régulièrement.
- L’ennui et le manque d’activité : un chien seul dans un jardin pendant des heures, peu promené, cherche à s’occuper avec ce qu’il trouve.
- La recherche d’attention : si le geste provoque à chaque fois une course-poursuite et des cris, le chien comprend qu’il a trouvé un moyen infaillible de capter l’attention.
- La punition pendant l’apprentissage de la propreté : un chien grondé pour avoir fait ses besoins à l’intérieur peut apprendre à faire disparaître la preuve.
- Le stress et l’anxiété : chiens confinés, isolés longtemps, ou vivant un changement important comme un déménagement ou l’arrivée d’un bébé.
- L’imitation : un jeune chien vivant avec un chien adulte coprophage reproduit souvent son comportement.
Les causes alimentaires et médicales à ne pas écarter
Quand le comportement apparaît brusquement chez un chien adulte qui ne l’avait jamais eu, ou qu’il s’accompagne d’autres signes, une cause physique doit être recherchée en priorité.
| Situation observée | Piste probable | Ce qu’il faut faire |
|---|---|---|
| Chiot curieux, en bonne santé | exploration, imitation | ramassage immédiat, éducation, patience |
| Chien qui réclame sans cesse, maigre | ration insuffisante ou mal adaptée | vérifier la quantité et la qualité de l’alimentation |
| Selles abondantes, molles, grasses | mauvaise digestion ou absorption | consultation et examen des selles |
| Ventre gonflé, poil terne, vers visibles | parasites intestinaux | vermifugation adaptée, coproscopie |
| Faim et soif inhabituelles, perte de poids | maladie générale | bilan vétérinaire avec prise de sang |
| Début après un traitement | médicament qui augmente l’appétit | en parler au vétérinaire prescripteur |
| Chien seul et inactif de longues heures | ennui, stress | plus d’activité, enrichissement de l’environnement |
Une ration trop faible ou mal équilibrée pousse certains chiens à compenser par tous les moyens. Un aliment mal digéré produit aussi des selles qui contiennent encore des nutriments et une odeur attirante. Les parasites intestinaux, enfin, entretiennent un cercle vicieux : le chien se réinfeste en mangeant des selles contaminées.
Les crottes du chat et des autres animaux
La coprophagie ne concerne pas que les propres excréments du chien. Les crottes de chat sont particulièrement recherchées, car l’alimentation féline, très riche en protéines, laisse des selles très appétentes pour un chien. Le bac à litière devient alors un garde-manger.
La parade la plus efficace est matérielle : rendre le bac inaccessible au chien tout en le laissant accessible au chat.
- Une pièce réservée, fermée par une barrière que le chat franchit en sautant, ou par une chatière.
- Un bac fermé à entrée par le dessus, trop étroit pour la tête d’un chien de taille moyenne.
- Un bac en hauteur, sur un meuble que le chat atteint facilement et le chien non.
- Un nettoyage fréquent, plusieurs fois par jour, qui réduit la tentation.
En promenade, les crottins de chevaux, les bouses et les déjections d’animaux sauvages attirent aussi beaucoup de chiens. Elles exposent à des parasites et, pour le crottin d’un cheval récemment vermifugé, à des résidus d’antiparasitaires que certaines races de bergers et de colleys, porteuses d’une sensibilité génétique, tolèrent très mal.
La méthode pour faire cesser le comportement
La correction repose sur trois leviers complémentaires : supprimer les occasions, apprendre au chien une alternative plus intéressante, et répondre au besoin qui se cache derrière le geste.
Le principe est simple : le chien doit apprendre que le moment le plus intéressant après ses besoins, c’est de revenir vers vous. Répétée pendant plusieurs semaines, cette routine remplace l’ancienne habitude. Une approche douce de l’éducation, comme celle détaillée dans notre article sur les méthodes douces pour dresser son chien, donne ici les meilleurs résultats.
Face à faceSolutions de gestion ou d’éducation
AGestion de l’environnement
- ramassage immédiat, bac du chat inaccessible
- promenade en laisse le temps de l’apprentissage
- muselière panier en dernier recours, en promenade
- efficace tout de suite, mais ne change pas l’envie du chien
BÉducation et activité
- rappel récompensé après les besoins, ordre « laisse »
- plus de sorties, jeux de recherche, jouets à garnir
- réponse à l’ennui, au stress ou au manque d’attention
- résultats en quelques semaines, mais durables
Ce que l’alimentation peut changer
Même sans maladie, l’alimentation influence souvent la coprophagie. Un chien qui a faim en permanence, parce que sa ration est calculée trop juste ou qu’il fait beaucoup d’exercice, cherche à compléter ses apports par tous les moyens. Un aliment peu digeste laisse, lui, des selles volumineuses qui contiennent encore des nutriments et gardent une odeur de nourriture.
Quelques ajustements simples valent la peine d’être essayés, en accord avec le vétérinaire :
- vérifier la ration en pesant la quantité servie et en la comparant aux recommandations pour le poids idéal du chien, pas pour son poids actuel ;
- fractionner les repas en deux ou trois prises par jour plutôt qu’une seule, ce qui limite les fringales ;
- choisir un aliment de bonne digestibilité, qui produit des selles moins abondantes et mieux moulées ;
- éviter les changements d’aliment brutaux, sources de troubles digestifs, en effectuant toute transition sur une semaine environ ;
- proposer des jouets à garnir ou des tapis de fouille au moment du repas, qui allongent la prise alimentaire et occupent le chien.
Un chien qui mange vite, qui finit sa gamelle en quelques secondes puis rôde, est souvent un candidat à la coprophagie. Ralentir le repas répond à la fois à la faim et à l’ennui.
Quand s’inquiéter et consulter
La coprophagie isolée d’un chien en pleine forme n’a rien d’urgent. Elle justifie en revanche une consultation sans tarder lorsqu’elle s’accompagne de perte de poids, diarrhée, vomissements, faim insatiable, soif excessive ou fatigue. Ces signes associés orientent vers un problème digestif, parasitaire ou général, qui doit être traité pour lui-même. Les vomissements répétés, en particulier, sont détaillés dans notre article sur le chien qui vomit.
Si aucune cause médicale n’est trouvée et que le comportement résiste à plusieurs semaines de méthode bien appliquée, un éducateur canin ou un vétérinaire comportementaliste peut aider à repérer ce qui l’entretient, en particulier lorsque l’anxiété est en jeu.
Vos questions
Questions fréquentes
Pourquoi mon chiot mange-t-il ses crottes ?
Est-ce dangereux pour un chien de manger des excréments ?
Les produits à ajouter à la gamelle contre la coprophagie fonctionnent-ils ?
Mon chien mange les crottes du chat dans la litière, que faire ?
Quand faut-il consulter le vétérinaire pour de la coprophagie ?
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