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Chien qui mange ses crottes : pourquoi et comment l’en empêcher

Le geste écœure, et il inquiète souvent davantage qu’il ne devrait. La coprophagie, le fait pour un chien de manger des excréments, est un comportement fréquent, surtout chez le chiot, qui a presque toujours une explication et se corrige dans la majorité des cas avec de la méthode et un peu de patience.

Jeune labrador en laisse reniflant la pelouse d’un jardin, guidé par son maître tenant un sac de ramassage
Jeune labrador en laisse reniflant la pelouse d’un jardin, guidé par son maître tenant un sac de ramassage, illustration produite pour Deug
La rédaction de Deug 7 min de lecture

Vous le voyez faire du coin de l’œil : le chien termine ses besoins dans le jardin, se retourne, renifle, et avale. Ou bien il revient de la buanderie la truffe suspecte, le bac à litière du chat dévasté. Entre dégoût et inquiétude, la question se pose vite : est-ce grave, et surtout, comment l’arrêter ?

Ce comportement porte un nom, la coprophagie, et il est bien plus courant qu’on ne l’imagine, en particulier chez les jeunes chiens. Il n’est ni une perversion ni le signe d’un chien mal élevé. Il répond presque toujours à une cause précise, comportementale, alimentaire ou médicale, et c’est en l’identifiant qu’on parvient à le faire cesser.

Un comportement fréquent, surtout chez le chiot

Chez la chienne, manger les déjections de ses petits est un comportement maternel normal : elle maintient ainsi le nid propre pendant les premières semaines. Le chiot, qui observe et imite, découvre en même temps que les excréments sont un objet comme un autre, à renifler, mâchouiller, voire avaler.

Dans la majorité des cas, l’habitude décline spontanément entre six mois et un an, à mesure que le chiot grandit et que son environnement s’enrichit. Elle peut toutefois s’installer durablement si elle est entretenue, volontairement ou non, par la façon dont l’entourage y réagit.

Les causes comportementales, les plus fréquentes

Chez la plupart des chiens en bonne santé, la coprophagie a une origine comportementale. Plusieurs mécanismes reviennent régulièrement.

  • L’ennui et le manque d’activité : un chien seul dans un jardin pendant des heures, peu promené, cherche à s’occuper avec ce qu’il trouve.
  • La recherche d’attention : si le geste provoque à chaque fois une course-poursuite et des cris, le chien comprend qu’il a trouvé un moyen infaillible de capter l’attention.
  • La punition pendant l’apprentissage de la propreté : un chien grondé pour avoir fait ses besoins à l’intérieur peut apprendre à faire disparaître la preuve.
  • Le stress et l’anxiété : chiens confinés, isolés longtemps, ou vivant un changement important comme un déménagement ou l’arrivée d’un bébé.
  • L’imitation : un jeune chien vivant avec un chien adulte coprophage reproduit souvent son comportement.

Les causes alimentaires et médicales à ne pas écarter

Quand le comportement apparaît brusquement chez un chien adulte qui ne l’avait jamais eu, ou qu’il s’accompagne d’autres signes, une cause physique doit être recherchée en priorité.

Situation observéePiste probableCe qu’il faut faire
Chiot curieux, en bonne santéexploration, imitationramassage immédiat, éducation, patience
Chien qui réclame sans cesse, maigreration insuffisante ou mal adaptéevérifier la quantité et la qualité de l’alimentation
Selles abondantes, molles, grassesmauvaise digestion ou absorptionconsultation et examen des selles
Ventre gonflé, poil terne, vers visiblesparasites intestinauxvermifugation adaptée, coproscopie
Faim et soif inhabituelles, perte de poidsmaladie généralebilan vétérinaire avec prise de sang
Début après un traitementmédicament qui augmente l’appétiten parler au vétérinaire prescripteur
Chien seul et inactif de longues heuresennui, stressplus d’activité, enrichissement de l’environnement

Une ration trop faible ou mal équilibrée pousse certains chiens à compenser par tous les moyens. Un aliment mal digéré produit aussi des selles qui contiennent encore des nutriments et une odeur attirante. Les parasites intestinaux, enfin, entretiennent un cercle vicieux : le chien se réinfeste en mangeant des selles contaminées.

Les crottes du chat et des autres animaux

La coprophagie ne concerne pas que les propres excréments du chien. Les crottes de chat sont particulièrement recherchées, car l’alimentation féline, très riche en protéines, laisse des selles très appétentes pour un chien. Le bac à litière devient alors un garde-manger.

La parade la plus efficace est matérielle : rendre le bac inaccessible au chien tout en le laissant accessible au chat.

  • Une pièce réservée, fermée par une barrière que le chat franchit en sautant, ou par une chatière.
  • Un bac fermé à entrée par le dessus, trop étroit pour la tête d’un chien de taille moyenne.
  • Un bac en hauteur, sur un meuble que le chat atteint facilement et le chien non.
  • Un nettoyage fréquent, plusieurs fois par jour, qui réduit la tentation.

En promenade, les crottins de chevaux, les bouses et les déjections d’animaux sauvages attirent aussi beaucoup de chiens. Elles exposent à des parasites et, pour le crottin d’un cheval récemment vermifugé, à des résidus d’antiparasitaires que certaines races de bergers et de colleys, porteuses d’une sensibilité génétique, tolèrent très mal.

La méthode pour faire cesser le comportement

La correction repose sur trois leviers complémentaires : supprimer les occasions, apprendre au chien une alternative plus intéressante, et répondre au besoin qui se cache derrière le geste.

Le principe est simple : le chien doit apprendre que le moment le plus intéressant après ses besoins, c’est de revenir vers vous. Répétée pendant plusieurs semaines, cette routine remplace l’ancienne habitude. Une approche douce de l’éducation, comme celle détaillée dans notre article sur les méthodes douces pour dresser son chien, donne ici les meilleurs résultats.

Face à faceSolutions de gestion ou d’éducation

AGestion de l’environnement

  • ramassage immédiat, bac du chat inaccessible
  • promenade en laisse le temps de l’apprentissage
  • muselière panier en dernier recours, en promenade
  • efficace tout de suite, mais ne change pas l’envie du chien

BÉducation et activité

  • rappel récompensé après les besoins, ordre « laisse »
  • plus de sorties, jeux de recherche, jouets à garnir
  • réponse à l’ennui, au stress ou au manque d’attention
  • résultats en quelques semaines, mais durables

Ce que l’alimentation peut changer

Même sans maladie, l’alimentation influence souvent la coprophagie. Un chien qui a faim en permanence, parce que sa ration est calculée trop juste ou qu’il fait beaucoup d’exercice, cherche à compléter ses apports par tous les moyens. Un aliment peu digeste laisse, lui, des selles volumineuses qui contiennent encore des nutriments et gardent une odeur de nourriture.

Quelques ajustements simples valent la peine d’être essayés, en accord avec le vétérinaire :

  • vérifier la ration en pesant la quantité servie et en la comparant aux recommandations pour le poids idéal du chien, pas pour son poids actuel ;
  • fractionner les repas en deux ou trois prises par jour plutôt qu’une seule, ce qui limite les fringales ;
  • choisir un aliment de bonne digestibilité, qui produit des selles moins abondantes et mieux moulées ;
  • éviter les changements d’aliment brutaux, sources de troubles digestifs, en effectuant toute transition sur une semaine environ ;
  • proposer des jouets à garnir ou des tapis de fouille au moment du repas, qui allongent la prise alimentaire et occupent le chien.

Un chien qui mange vite, qui finit sa gamelle en quelques secondes puis rôde, est souvent un candidat à la coprophagie. Ralentir le repas répond à la fois à la faim et à l’ennui.

Quand s’inquiéter et consulter

La coprophagie isolée d’un chien en pleine forme n’a rien d’urgent. Elle justifie en revanche une consultation sans tarder lorsqu’elle s’accompagne de perte de poids, diarrhée, vomissements, faim insatiable, soif excessive ou fatigue. Ces signes associés orientent vers un problème digestif, parasitaire ou général, qui doit être traité pour lui-même. Les vomissements répétés, en particulier, sont détaillés dans notre article sur le chien qui vomit.

Si aucune cause médicale n’est trouvée et que le comportement résiste à plusieurs semaines de méthode bien appliquée, un éducateur canin ou un vétérinaire comportementaliste peut aider à repérer ce qui l’entretient, en particulier lorsque l’anxiété est en jeu.

Vos questions

Questions fréquentes

Pourquoi mon chiot mange-t-il ses crottes ?
Le chiot explore le monde avec sa gueule, et ses excréments font partie de son environnement. Il a aussi vu sa mère nettoyer le nid en ingérant les déjections de la portée, un comportement maternel normal. Dans la majorité des cas, cette habitude décline entre six mois et un an. Elle peut cependant persister si elle devient un jeu, un moyen d’attirer l’attention, ou une façon d’échapper à la punition pendant l’apprentissage de la propreté.
Est-ce dangereux pour un chien de manger des excréments ?
Ses propres crottes présentent peu de danger s’il est en bonne santé et vermifugé, mais elles peuvent entretenir une réinfestation par des parasites. Les excréments d’autres chiens, de chats ou d’animaux sauvages exposent davantage à des vers, des protozoaires ou des bactéries. Les crottins de chevaux récemment vermifugés peuvent contenir des antiparasitaires dangereux pour les chiens sensibles, notamment certains bergers et colleys.
Les produits à ajouter à la gamelle contre la coprophagie fonctionnent-ils ?
Leur efficacité est variable et souvent modeste. Ces produits sont censés donner un goût désagréable aux excréments, mais beaucoup de chiens continuent malgré tout, et l’effet disparaît dès qu’ils trouvent d’autres crottes non traitées, comme celles du chat. Ils peuvent compléter une démarche d’éducation et de gestion de l’environnement, sans la remplacer. Demandez l’avis de votre vétérinaire avant d’en utiliser.
Mon chien mange les crottes du chat dans la litière, que faire ?
C’est l’une des formes de coprophagie les plus fréquentes, car les excréments de chat sont riches en protéines et très appétents pour un chien. La solution la plus fiable consiste à placer le bac hors de sa portée : dans une pièce fermée par une barrière ou une chatière, en hauteur, ou dans un bac fermé à entrée par le dessus. Nettoyer la litière plusieurs fois par jour réduit aussi la tentation.
Quand faut-il consulter le vétérinaire pour de la coprophagie ?
Consultez si le comportement apparaît soudainement chez un chien adulte, s’il s’accompagne d’une perte de poids, de selles anormales, de diarrhée, de vomissements, d’une faim inhabituelle ou d’une soif accrue. Ces signes peuvent orienter vers un problème de digestion, des parasites ou une maladie générale. Un examen des selles et, si besoin, une prise de sang permettent de faire le point rapidement.

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